Un budget collectiviste dans un village de 160 habitants ?
Par Pierrick MONNET, maire photo de profil Pierrick MONNET, maire
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Un budget collectiviste dans un village de 160 habitants ?

Après les élections municipales, deux enjeux communistes émergent sur le budget communal : récupérer la plus-value extorquée par les entreprises à la commune et réduire les inégalités de classe. La réussite reposera sur une gestion collective.

      D’un point de vue municipal, au sortir des élections, il faut s’atteler au budget, nous avions jusqu’au 30 avril. Deux questions communistes viennent sur la table : comment récupérer la plus-value extorquée par les entreprises à la commune ? Et comment faire diminuer les inégalités de classe ?

 

- Le budget peut être un outil : en examinant les recettes et les charges, qu’est-ce que la commune peut ré-internaliser grâce au travail des élus ou d’un employé municipal ? Dans le cas de ce village de 160 habitants, la forêt et la vente de bois sont le principal revenu : et si la commune embauchait un bûcheron à plein temps au lieu de payer une entreprise pour couper les arbres ?

- Les communes peuvent agir sur la fiscalité sur les résidences secondaires et les logements vacants : soyons réalistes, la réquisition des logements vides n’est pas pour tout de suite. Mais l’augmentation des taxes spécifiques à ces deux problèmes est possible. On pourrait, par exemple, l'intégrer à une réunion avec les propriétaires de ces biens, notamment pour trouver une solution permettant de préserver l'école partagée avec un autre village. Le communisme du quotidien doit agir sur le logement pour que les familles puissent s’installer. Et cette priorité est supérieure à l’accumulation illimitée des biens familiaux.

         Après, pour faire passer cela, il faut tenir compte du conseil municipal : est-ce que les 10 autres conseillers municipaux partagent cette préoccupation ? Est-ce qu’ils ne sont pas eux-mêmes multi-propriétaires ? Est-ce que l’intérêt de l’école est supérieur à leur volonté de ne pas faire de vagues ? Il ne faut pas oublier que dans nos villages, les gens s’autocensurent d’abord par conformisme, et non parce qu’ils n’auraient pas d’idée politique transformatrice.

 

         Cette première année de mandat permet de se rendre compte des dépenses de la commune, sans toutefois pouvoir modifier beaucoup de choses, le temps étant limité. Mais il ressort que les communes sont régulièrement abusées financièrement :
- par les entreprises de travaux publics, qui majorent leur devis ;

- par les entreprises d’équipements (jeux extérieurs, matériels de travaux, équipement de bureau), souvent confortablement installées par l’État ou de mèche avec lui ;

- par l’incompétence/la peur/l’ignorance des élus, qui se laissent abuser en s’abonnant/contractualisant avec plein d’entreprises de services, de peur de mal faire, de mal respecter la loi (informatique, avocat, urbanisme, assurances).       

Les patrons de ces entreprises sont parfois les plus anti-étatistes, les plus insultants envers les fonctionnaires, l’argent public, le déficit. Mais ils se rincent abondamment sur le budget de l’État et des communes, sans honte.

 

         La question du budget, sans parler des dotations de l’État, est donc une question qui peut révéler la fracture de classe, au sein même de nos villages. Parfois, elle peut mettre le feu aux poudres, car les intérêts bien installés ne se laissent jamais faire. Pour la réussite d’un budget collectiviste, il faudra d’abord qu’il soit porté collectivement.

 

Par Pierrick MONNET, maire photo de profil Pierrick MONNET, maire
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