26 juillet : de la Bastille à la Moncada, quand les peuples prennent leur destin en main
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Par Lenny LE FLOCH photo de profil Lenny LE FLOCH
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26 juillet : de la Bastille à la Moncada, quand les peuples prennent leur destin en main

Pour que l'héritage révolutionnaire perdure, exigeons la fin immédiate du blocus économique illégal imposé à Cuba par les États-Unis, contraire au droit international et condamné année après année par l’immense majorité des États du monde.

Chaque nation possède une date qui symbolise son entrée dans l'Histoire. En France, c'est le 14 juillet 1789, lorsque le peuple de Paris prend d'assaut la Bastille, faisant vaciller l'Ancien Régime et ouvrant la voie à la Révolution française. À Cuba, c'est le 26 juillet 1953, lorsque de jeunes révolutionnaires conduits par Fidel Castro attaquent la caserne de la Moncada.

Si ces deux événements se déroulent dans des contextes différents, ils portent pourtant une même aspiration : celle d'un peuple qui refuse la tyrannie et décide de conquérir sa liberté. C'est pourquoi, en ce 26 juillet, fête nationale cubaine, nous adressons notre salut fraternel au peuple cubain et à sa Révolution.

Le 10 mars 1952, Fulgencio Batista renverse le gouvernement par un coup d'État militaire. Soutenu par les États-Unis, il instaure une dictature brutale où règnent corruption, mafia, répression et terreur policière.

Les arrestations arbitraires, les tortures, les assassinats politiques et les disparitions deviennent le quotidien de milliers de Cubains. La police sème la peur en abandonnant parfois les corps de leurs victimes dans les rues afin d'intimider la population. Des milliers de personnes perdent la vie sous cette dictature.

Jeune avocat, Fidel Castro tente d'abord de combattre légalement ce coup d'État. Il dépose une plainte contre Batista devant les tribunaux. Mais la justice, déjà soumise au régime, rejette sa plainte. Toutes les voies institutionnelles étant fermées, une autre voie s'impose : celle de la lutte révolutionnaire.

 À l'aube du 26 juillet 1953, des ouvriers, des étudiants et de jeunes militants dirigés par Fidel Castro attaquent la caserne de la Moncada, deuxième garnison militaire du pays. L'opération échoue. De nombreux insurgés sont tués, d'autres sont exécutés après leur capture, et Fidel Castro est emprisonné. Pourtant, cette défaite marque en réalité le début de la Révolution cubaine. Le mouvement du 26 Juillet est né.

Lors de son procès, assurant lui-même sa défense, Fidel Castro conclut son intervention par une phrase devenue célèbre :

 «Condamnez-moi, peu importe. L’histoire m'acquittera.»

Quelques mots qui résonnent encore aujourd'hui comme l'expression de la conviction profonde qu'aucune répression ne peut arrêter un peuple décidé à conquérir sa liberté.

Libéré après une amnistie, Fidel Castro s'exile au Mexique où il fait la rencontre d’Ernesto Che Guevara, qui le suivra pour mener la révolution.

Le 2 décembre 1956, les 82 guérilleros débarquent à Cuba à bord du Granma. Commence alors une guerre révolutionnaire menée depuis la Sierra Maestra contre l'armée de Batista.

Après plus de deux années de combats, le régime s'effondre. Le 1er janvier 1959, Batista fuit le pays. La Révolution cubaine est victorieuse.

La victoire ne marque pas la fin du combat politique, mais le début d'une profonde transformation sociale.

Le nouveau gouvernement révolutionnaire entreprend d'importantes réformes : expropriation des entreprises états-uniennes, réforme agraire, campagnes massives d'alphabétisation, accès universel à l'éducation, gratuité des soins, développement d'un système de santé reconnu dans le monde entier, amélioration des droits des travailleurs, construction massive de logements, baisse des loyers et démocratisation de l'accès à la culture et au sport.

En quelques années, l'analphabétisme recule spectaculairement, l'espérance de vie progresse fortement et Cuba devient l'un des pays disposant des meilleurs indicateurs sanitaires d'Amérique latine malgré des ressources limitées.

Mais les États-Unis n'ont jamais accepté la souveraineté de Cuba.

Dès les premières années de la Révolution, Washington multiplie les tentatives pour renverser le nouveau pouvoir : embargo économique, sabotage, attentats, isolement diplomatique, soutien à l'invasion de la baie des Cochons en 1961 puis instauration du blocus économique en 1962.

Pendant plusieurs décennies, le soutien de l'Union soviétique permet à Cuba de résister.

Après la disparition de l'URSS, l'île traverse une grave crise économique. Loin d'être levé, le blocus est au contraire renforcé par les administrations américaines successives, aggravant les difficultés quotidiennes de la population cubaine.

Depuis plus de soixante ans, le blocus imposé par les États-Unis vise non seulement à asphyxier l'économie cubaine, mais aussi à pousser l'île à renoncer à son modèle socialiste. Face aux immenses difficultés économiques, Cuba a engagé plusieurs réformes ouvrant davantage de place au marché, faisant craindre un recul de certains acquis de la Révolution.

Pour que l'héritage révolutionnaire perdure, exigeons la fin immédiate du blocus économique illégal imposé par les États-Unis, contraire au droit international et condamné année après année par l’immense majorité des États du monde.

Aucune nation ne doit subir des sanctions destinées à affamer sa population pour la contraindre à renoncer à sa souveraineté.

Face à l'impérialisme, nous choisissons l'internationalisme.

Face à la domination, nous choisissons la liberté des peuples.

Face à la loi du plus fort, réaffirmons que le seul souverain c’est le peuple !

Bonne fête nationale.

¡Hasta la victoria siempre!

Par Lenny LE FLOCH photo de profil Lenny LE FLOCH
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