Une révolution pour la dignité
La Révolution cubaine constitue un moment fondateur de l’histoire contemporaine. En renversant la dictature de Batista, les révolutionnaires menés par Fidel Castro et Ernesto Che Guevara ont ouvert une brèche dans l’ordre établi : celle d’un peuple décidant de reprendre en main son destin face à l’impérialisme.
Très vite, Cuba fait le choix d’un modèle fondé sur la justice sociale. Là où tant de pays abandonnent les plus fragiles, l’île met en place un système de santé universel et gratuit, une éducation accessible à tous, et une politique de réduction des inégalités. En quelques années, l’analphabétisme recule massivement et des millions de personnes accèdent à des droits fondamentaux jusque-là inexistants. Cuba ne se contente pas de transformer sa propre société : elle exporte aussi sa solidarité, en envoyant médecins et enseignants à travers le monde.
Cette vision du monde n’est pas en accord avec la vision impérialiste des États-Unis, qui n’a pour boussole que l’argent, la domination et le maintien d’un ordre fondé sur le capitalisme et le colonialisme. Dans ce cadre, toute alternative est perçue comme une menace. L’objectif de Donald Trump est donc clair : faire tomber le régime communiste cubain.
Le blocus : une guerre économique contre un peuple
Depuis plus de soixante ans, les États-Unis imposent à Cuba un embargo économique, commercial, financier mais surtout criminel. Ce blocus, condamné à de nombreuses reprises par la communauté internationale, n’est pas une simple mesure diplomatique, c’est une arme. Une arme destinée à asphyxier un pays, à épuiser un peuple, à provoquer le désespoir pour obtenir un changement de régime.
Chaque année, l’ONU dénonce cet embargo comme une violation du droit international. Et pourtant, aucune sanction, aucune mesure concrète n’est prise contre Washington. En 2024, 187 pays ont voté pour la levée du blocus. Deux seulement s’y sont opposés : les États-Unis et Israël. Un isolement diplomatique, qui révèle une réalité brutale, celle de puissances prêtes à ignorer le droit des peuples, pour maintenir leur domination.
Sous la présidence de Donald Trump, cette stratégie s’est encore intensifiée. Après l’intervention militaire au Venezuela et l’enlèvement illégal de Maduro, les Etats-Unis ont interrompu l’approvisionnement de Cuba en pétrole vénézuélien, son principal fournisseur. En plus, les sanctions se sont durcies, les pressions sur les partenaires internationaux se sont accrues, et aujourd’hui, c’est une véritable crise énergétique qui frappe l’île. Privée d’une grande partie de ses approvisionnements en pétrole, Cuba subit des coupures d’électricité prolongées, des perturbations dans les hôpitaux et des difficultés majeures dans l’accès aux services essentiels.
11 millions de vies sont mises en danger par Trump. Des familles plongées dans le noir, des infrastructures paralysées, un système de santé fragilisé. Des milliers de femmes sont contraintes d’accoucher dans le noir, des centaines de bébés et patients sous respirateurs sont morts à cause des coupures d’électricité provoquées par le blocus étatsunien. Encore une fois, c'est le peuple qui paie le prix de ces politiques.
Nuestra America : la solidarité en action
Face à cette situation, la réponse ne vient pas des grandes puissances, mais des peuples eux-mêmes. En mars 2026, une flottille internationale a accosté à La Havane dans le cadre du convoi « Nuestra America ». Militants, syndicalistes, organisations humanitaires et responsables politiques de plusieurs pays ont uni leurs forces pour acheminer de l’aide vers Cuba, défiant ainsi concrètement les effets du blocus.
Cette initiative transporte de la nourriture, des médicaments, du matériel de première nécessité et des équipements énergétiques. Mais elle porte surtout une signification politique profonde. Baptisée « Granma 2.0 », en référence au navire qui a transporté Fidel Castro, Che Guevara et 80 autres révolutionnaires jusqu'aux plages de Cuba le 2 décembre 1956, afin de poursuivre la révolution cubaine. Elle s’inscrit dans une continuité historique : celle de la résistance et de la solidarité internationale.
Ce convoi envoie un message clair : Cuba n’est pas isolée. Face à l’injustice, il existe une autre voie, celle de la coopération entre les peuples. Une voie qui refuse la loi du plus fort et affirme la primauté de la solidarité.
Faire vivre l’internationalisme
Ce qui se joue aujourd’hui à Cuba dépasse largement les frontières de l’île. C’est une bataille politique et symbolique. D’un côté, une logique d’écrasement, qui vise à faire disparaître toute alternative au modèle dominant. De l’autre, un peuple qui résiste, malgré les pressions, malgré les difficultés, malgré l’isolement.
Cuba dérange parce qu’elle prouve qu’un autre chemin est possible, fondé sur des principes que beaucoup ont abandonnés : la solidarité, l’égalité, la dignité humaine.
Face à cela, notre responsabilité est immense. Il ne s’agit pas seulement d’observer, mais d’agir : exiger la fin du blocus, soutenir les initiatives de solidarité, défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.