Dans un village de 160 habitants qui a voté à 61 % au 2e tour des législatives de 2024 pour le candidat UDR-RN, comment s’y prendre quand on est le seul à être engagé dans un mouvement politique révolutionnaire ? Et qu’en plus, on en devient le maire ?
Il faut partir de ce que doivent être le communisme, le collectivisme, le socialisme, dans leur sens le plus simple : une pratique du quotidien où le collectif prend le pas sur l’individualisme.
Une pratique du rassemblement, en se demandant ce que des gens, qui ne se réclament d’aucune appartenance politique, pourraient apporter à la construction du communisme ?
Évidemment, « communisme » est ici une vue de l’esprit, que d’autres appelleraient « vivre-ensemble », ou d’autres euphémismes.
Mais la question du communisme au quotidien, c’est d’abord celle de l’autorité.
Qui la détient ? Qui a le pouvoir ? Qui a du pouvoir ? Qui décide ou fait exécuter les décisions ? Qui tient tête à l’autorité d’un seul ?
Le ressort historique des villages communistes était souvent qu’ils s’affirmaient face à l’État, mais aussi dans la lutte entre hameaux délaissés et centre-bourgs favorisés, ou encore dans la fierté à tenir tête face à l’adversité (les seuls à faire de telle manière, etc.).
Comment construire cette fierté, sans tomber dans la démagogie (la faute à l’agglo, la faute à l’Europe) ? Et comment donner envie aux habitants d’être fiers, d’être ceux qui ne font pas comme les autres ? Car ça peut être dur, au quotidien, au travail, d’être assimilé à ceux qui empêchent le monde de tourner (en) rond.
Le communisme du quotidien avec des gens sans affiliation politique, quelques-uns de droite et quelques-uns de gauche (heureusement), passe déjà par la création et le soutien à des associations où des bénévoles peuvent s’exercer à la décision collective et qu’ils puissent associer, dans leur cerveau, presque de manière animale, décision collective et convivialité.
Sans association, pas d’émergence de futurs responsables communaux. Sans habituation à la décision collective (donc à la lenteur ou aux inconvénients du collectif parfois), pas de futurs conseils municipaux où l’on respecte le travail des commissions, composées d’élus et d’habitants.
Fabriquer le communisme "par en-bas", avec les gens de tous les jours, au travail et dans la vie sociale, un chantier démarré il y a plusieurs années, et qui va prendre une tournure différente pour les 6 prochaines années.