C’est une véritable provocation. En pleine année internationale du pastoralisme, on aurait pu penser que le gouvernement allait enfin soutenir les éleveurs français. Que nenni.
La Commission européenne a annoncé avoir finalisé un accord de libre-échange avec l’Australie, qui prévoit des importations de viande bovine (30 000 tonnes), caprine et ovine (25 000 tonnes).
Pour ce qui concerne la viande ovine, il faut mettre cela en perspective avec un marché devenu structurellement importateur : on ne produit plus que 68 000 tonnes de viande ovine et on en importe 84 000 tonnes. La production française chute d’année en année, les producteurs partent à la retraite sans être remplacés, les épidémies s’abattent sur les troupeaux, et le changement climatique accentue les difficultés de production.
Et que fait le gouvernement ? Il donne son onction à un accord qui prévoit l’importation supplémentaire de viande ovine à hauteur de près de 4 % de la consommation européenne ! C’est un très mauvais signal, d’autant plus que la clavelée (une grave maladie ovine) est en Europe. En Grèce, près de 400 000 brebis ont été abattues ; la maladie s’est aussi propagée en Roumanie et en Bulgarie. On n’ose imaginer les conséquences d’une telle maladie pour une filière très affaiblie.
Ce n’est pas mieux pour les producteurs de viande bovine. Après avoir brutalisé les producteurs qui s’opposaient à la politique sanitaire de l’État lors de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, ce quota d’importation vient s’ajouter à celui du Mercosur.
La Confédération paysanne a annoncé une reprise des mobilisations. C’est courageux quand on sait que les travaux de printemps commencent et qu’il n’y a pas de pire période pour organiser des mobilisations agricoles.
Nous soutenons sans réserve leur proposition d'instauration de prix minimum d'entrée, qui permettrait de taxer les importations quand notre pays est capable de répondre à la demande intérieure.
Nos eurodéputés, Manon Aubry en tête, tiennent la tranchée et ont été les premiers à s’opposer à cet accord, qui recueillera, on le sait d’avance, les voix de la droite, de l’extrême droite et des socio-libéraux européens.
Nos députées, Manon Meunier et Mathilde Hignet, continuent leur travail pour une politique sanitaire plus juste, avec un colloque sur ce thème organisé ce mercredi à l’Assemblée nationale.
Et en 2027, nous défendrons une sortie de ces accords mortifères qui ne donnent aucun avenir aux paysans et aux paysannes, et reconquerrons notre souveraineté alimentaire !
Il est grand temps qu’un président français dise stop à la folie libérale de Mme von der Leyen. Et ce ne sera pas Emmanuel Macron - mais nous avons une petite idée pour le remplacer...